« Le patriotisme, c’est aimer son pays. Le nationalisme, c’est détester celui des autres » avait ainsi déclaré Charles de Gaulle.
Avant de s’attarder sur le patriotisme, il convient tout d’abord de revenir sur le sens et l’essence du mot « patrie ». La patrie est – selon le dictionnaire Larousse – une « communauté, une nation à laquelle quelqu’un a le sentiment d’appartenir ». Au-cours de la Renaissance, la patrie est liée au Roi, ce-dernier étant considéré comme l’incarnation de l’état (« L’Etat c’est moi » – Louis XIV).
L’apparition du concept de Nation fait émerger un tout autre sens à la patrie. La Nation n’est plus vue comme la propriété du Roi, mais comme un élément avec lequel il doit composer.
Le patriotisme apparait donc un peu avant 1789 et devient alors un synonyme de révolutionnaire. Les « patriotes » sont alors les partisans des idées nouvelles portées par la Révolution par opposition aux aristocrates. Etre patriote c’est donc être républicain (Ndlr. par opposition au monarchisme).
Aujourd’hui, il est défini par le dictionnaire Larousse, comme un « attachement sentimental à sa patrie se manifestant par la volonté de la défendre, de la promouvoir ».
Patriotisme et économie
Issue d’un rapport (Ndlr. Intelligence économique, compétitivité cohésion sociale), l’expression « patriotisme économique » est employée pour la première fois en 2005 par Dominique de Villepin, alors Premier Ministre, au cours d’une conférence de presse à la suite des rumeurs d’OPA hostile sur Danone.
Au-delà de sa définition première qui est de favoriser le bien ou le service produit au sein de sa nation (à l’image des politiques publiques privilégiant le Made in France), on peut lui imaginer voire adjoindre un sens « citoyen ». Ainsi, Jérôme Cahuzac, l’ex-Ministre déchu, qui a avoué détenir un compte non-déclaré à l’étranger, pourrait être considéré comme ayant trahi sa patrie en plus de lui avoir menti…
Vers une nouvelle patrie
Une dernière question se pose alors, le fait d’être patriote constitue-il une barrière à vers plus de l’Europe…Cet aspect fera l’objet du prochain billet qui s’intitulera « un euro-fédéralisme est-il possible aujourd’hui ? ».
Ne soyons plus anglais ni français ni allemands. Soyons européens. Ne soyons plus européens, soyons Hommes. Soyons l’Humanité. Il nous reste à abdiquer un dernier égoïsme : la patrie. Victor Hugo